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MALACKI Vladimir signe son oeuvre littéraire sous le pseudonyme de MALAQUAIS Jean

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MessageSujet: MALACKI Vladimir signe son oeuvre littéraire sous le pseudonyme de MALAQUAIS Jean Jeu 1 Sep 2011 - 12:00

Planète sans visa de Jean Malaquais.
Broché: 556 pages Editeur : Phébus (8 avril1999) ISBN-10: 2859405798

Quatrième de couverture
Jean Malaquais travailla jusqu'à sa mort en 1998 à la révision du texte de ce roman publié en 1947 dans l'indifférence totale - et que ses admirateurs considèrent clairement comme son plus grand livre. Norman Mailer, dans sa préface, insiste sur les raisons du malentendu : Malaquais s'est toujours arrangé pour avoir un demi-siècle d'avance sur la sensibilité de son temps. Conclusion : il est peut-être temps de le lire. Nous sommes à Marseille au début des années 40. Sale époque. Le grand port du mirage colonial, où naguère encore le Marius de Pagnol rêvait de brûlantes évasions, est devenu cette nasse où sont allés se prendre tous les indésirables pourchassés par Vichy, chacun d'eux rêvant de s'embarquer vers une improbable Amérique. Autour grouille la foule ordinaire des ports : marins en rade, flics en civil, mouchards avec qui l'on trinque au zinc sans méfiance. Et derrière ce petit monde qui se marche un peu sur les pieds, les tireurs de ficelles habituels : fonctionnaires en peine d'avancement, ambitieux de tout poil profitant de l'époque pour frayer d'audacieux raccourcis en eau trouble, délateurs à grande échelle ou à la petite semaine. En cherchant bien on trouve même dans les coins quelques héros, des vrais (pas beaucoup). Malaquais, sans rien perdre de sa verve mais en la jouant sur le registre grave, décide de prendre cette fourmillante matière à bras-le-corps, anges et salopards dans la même étreinte. Et c'est une humaine - trop humaine - comédie qu'il brosse là, avec férocité et pourtant compassion. Il ne juge pas, ou si peu, cherche surtout à comprendre, quitte à se glisser dans la peau du lâche, de tous ces " braves gens " qui furent complices d'un grand crime, le plus grand peut-être, et qui ont cru pouvoir s'en tirer ensuite en disant. " On ne savait pas. " On nous suggère aujourd'hui qu'il faut oublier tout ça, tourner la page. N'obtempéreront que ceux qui ont le secret désir d'amputer leur âme. Relisons plutôt Malaquais : il sait nous raconter des histoires qui ne sont rien d'autre que l'Histoire, quand elle ne ment pas. Car ce livre est d'abord une formidable brassée d'histoires follement emmêlées - où le lecteur est convié à chercher la sienne.



Mon commentaire :
Jean Malaquais nous embarque dans un autre monde avec son écriture fine, précise.
Celui de la littérature provenant d'un laborieux petit artisan capable de réaliser un chef-d'oeuvre après avoir sur l'établi maintes fois peaufiner son ouvrage.
Le texte sent le vieux, le texte fleure bon le papier jauni de ses livres oubliés qui n'ont d'existence que celle d'une tranche épaisse dont la reliure terni souligne à peine les caractères effacés d'un titre sans effets.
Planète sans visa écorne les boeufs rondouillards de nos contemporains enkylosant les têtes de gondoles des supermarchés de livres à succès.
Le jeu est stupide (c'est la guerre qui veut ça), la mise en scène , l'intrigue ennuyeuse, mais alors mes amis, question images, quelle force.
En lisant ce livre j'ai l'impression de visionner un grand du cinéma muet. Tout est dans la présence des personnages, le regard des acteurs qui transmettent leurs émotions avec un simple battement de cils.
Planète sans visa n'appartient pas aux classiques car inexistant dans les références.
Planète sans visa ne ressemble pas non plus aux ouvrages modernes. C'est un lieu tenu secret, n'attendant plus rien des rares visiteurs sinon l'intérêt du moins la curiosité.

QUELQUES EXTRAITS et morceaux choisis:
Décharné, le teint hâve, macérant dans ses habits tel un achorète dans sa discipline, ...

...des lits jumeaux confondent leurs bras...
...le téléphone sonna. Il le laissa sonner.
On frappa à la porte. Il la laissa frapper.
...J'ai passionnément aimé enseigner la philosophie à mes élèves toutes ses années durant. Comme toutes choses, les passions s'éteignent, on change d'objet, d'autres académies me requièrent :celles des camps de réfugiés. Des classes, des cercles d'études y surgissent spontanément, que ce soit pour apprendre les tables de multiplication ou se faire expliquer le système des mondes engloutis. En sorte que la question de l'élève vêtu de tweed ou de celui qui grelotte dans sa veste en loques, lequel a le plus besoin que je lui parle du poids de la lune ? Cette question là se passe de réponse.

Et puis voilà, qu'au chapitre VI Jean Malaquais l'artiste méthodique révèle une partie du tableau suite à un long travail de préparation multipliant les sous-couches aux apprêts indispensables pour une bonne accroche.
Entre en scène les époux Heanschel qui rapportent la première palme pour leur interprétation remarquable. Un bijoux théâtralisé. Merci monsieur Malaquais pour cette leçon d'écriture.
Vous me faites penser à ces chercheurs préoccupés à observer au microscope un monde non perceptible au commun des mortels, soucieux de retranscrire scrupuleusement chaque détails de leurs observations sur des liasses de papiers griffonnés qui ne seront probablement lues et relues que par vous-même et les autres spécialistes en la matière.
Vous êtes ce type d'individu dont la science s'enorgueilli de posséder la matière grise de génies, post mortem.

Amis de la littérature, cet auteur est incontournable.( bertrand-môgendre )

bertrand môgendre
NOUVEAU (ELLE)
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MessageSujet: Les Javanais de Malaquais Jeu 1 Sep 2011 - 20:34

Les Javanais de Malaquais
Broché: 238 pages Editeur : Phébus (28 septembre 1995)
ISBN-10: 2859403892




L'anglais manchot Théobald John Kérigan prend la place de directeur dans une mine argentifère du sud de la France à la tête de cette drôle d'équipée : chevrier turc, arménien en rut, nord africains portés sur le gros rouge dominical, musiciens polaques, docteur allemand, boulanger viennois, agronomes rouskis. Tous ont un point commun : le lieu "paradisiaque " sur lequel ils logent, un site entre terre et eau, un morceau d'humanité soudé par la promiscuité des cabanes assemblées de tôles et de planches récupérées pour y loger cette centaine de travailleurs apatride.
Sur cette ile, cachée dans les bois, on y accueille tout le monde, grands et petits, costauds et chétifs, chrétiens ou pas, à partir du moment ou le besoin de travailler permet de manger sans compter la sueur, la salissure outrager votre corps. En réponse au Gide de l'époque, cet écrivain aux doigts fragilisés par sa suffisance, Malaquais présente ses personnages qui lui ressemblent tant qu'une part de chacun est un peu de lui-même.
C'est à partir de ce campement, terrain d'une ancienne fonderie qu'un sinistre avait détruit, que les ouvriers tirent la force d'exploiter la mine vétuste. La dénommée Java se révèle être tantôt paradis ou havre de paix pour certains, terre d'exil ou jardin d'Éden pour d'autres. Confrontés au cauchemar de la dure réalité, la communauté se replie au creux des besoins d'évasion de tous évoqués ou non, favorisé par l'alcool dernier refuge avant la tombée des corps dans l'oublience d'un repos réparateur. Les Javanais vivent avec autant d'intrigues et d'originalité qu'une populace de quartier, de joie et de peine qu'au sein d'une équipe soudée pour un identique objectif, de mystère et d'amour qu'entre les habitants d'un village isolé qu'auraient inventé avant l'heure l'espéranto pour communiquer.

J'accuse les Javanais de me donner une grande leçon de français.
J'accuse Malaquais de ne pas s'en tenir aux mots de l'écriture imprimée, pour attaquer de front leur musicalité toute en quinte et demie-mesure appropriée, et leur poésie.
J'accuse l'auteur d'engoncer ses personnages de rêves momifiés, d'idéalisme cadavérique.
Cette condition n'est pas plus humaine qu'une autre, pas plus innocente non plus. Ces morts à crédits à lui semblent fondre leurs bons jours dans ces lingots de minerais argentifères. Il serait triste de ne pas rire de soi d'autant que Malaquais le fait sérieusement, car si c'est mieux qu'ailleurs, la misère n'ôte pas l'esprit de détente, les pointes d'humour, conditions requises pour avoir une bonne pêche.
De ce récit émane cette bonne tranche de l'art typique à Malaquais confirmé plus tard dans Planète sans visa.
Pas une phrase qui ne boitille, pas un mot qui n'inconvienne à ceux qui l'entourent. Quel travail d'artisan ! Quel talent !

Extrait dénotant l'intention franche de l'auteur : Magnus, un allemand qui travaille à la mine comme artificier, rencontre sur la route du village, deux individus égarés qui souhaitent être embauchés. L'un d'entre eux, allemand lui aussi, raconte son expérience de mineur en Tunisie :
... Dans la mine de phosphate où j'ai trimé, tu dérouilles ton bicot si sa caboche ne te revient pas.
— Tu exagères, réplique le javanais. Leur caboche est moins faite pour la dérouille que la tienne, toi qui est de Würzburg ! Le jeune blondinet fit entendre un semblant de rire et glissa la main sous le bras de Magnus.
— C'est qu'ils n'en foutent pas une. Ils te regardent bosser et n'en foutent pas une. Sont flemmards, tu sais, comme les youpins.
— La ferme ! dit Magnus dégageant son bras. L'allemand la ferma.
— Je suis un couillon dit le souabe. Magnus le laissa dire...

Lorsque Malaquais, ce polonais découvre avec allégresse à Paris la première partie de l'oeuvre de Céline (la plus remarquable à travers Mort à crédit), lorsque Malaquais, appuyé par Trotski approuve la position du docteur Destouches anti-communiste paru dans son Ferdinand au pays des Soviets, qu'elle pu bien être sa réaction de juif insulté par ledit auteur quand celui-ci s'acharnait à travers ces pamphlets antisémites ? Question sans réponse.

Pour terminer sur une note plus enjouée, offrez ce livre à vos enfants, il a encore une grande place dans l'actualité de demain.
bertrand môgendre
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